Gil Taïeb, connu pour son militantisme aux côtés d’Israël, est déterminé à réussir une nouvelle mission mais cette fois en direction de la communauté juive de France.
Nommé cette année Président de l’Appel National de la Tsedaka, il a d’abord voulu comprendre, connaître l’ampleur de la mission qui lui a été confiée, savoir ce qui était nécessaire. Pour cela, rien de tel qu’une immersion au sein des centres d’accueil pour handicapés, des centres d’aide par le travail, des centres de jour pour personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou encore ces restaurants du coeur cacher, tous soutenus par le FSJU.
Partout, il a pu voir le travail accompli, l’abnégation des acteurs sociaux, la pléthore de besoins et la dignité rendue à ceux qui n’ont pas été épargnés par la maladie, le handicap, la solitude ou la pauvreté.
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On a l’habitude de vous voir sur d’autres terrains de solidarité et notamment en direction d’Israël. Pourquoi avoir accepté une telle mission qui touche cette fois la communauté juive de France ?
“C’est vrai mais j’ai depuis de nombreuses années, participé, milité même, aux côtés de mes prédécesseurs, pour combattre le fléau de la misère qui touche notre communauté. Il s’agit d’une responsabilité vis-à-vis des miens, un devoir citoyen, une prise de conscience qui n’est ni récente, ni passagère. C’est une question qui m’accompagne au quotidien : que peut-on faire, que doit-on faire, quelle réponse peut-on donner à la souffrance, à la solitude, à la misère qui frappe notre famille. Mon engagement dans cette nouvelle mission n’est rien d’autre que mon devoir.”
Que représente pour vous la Tsedaka ?
“C’est un combat pour rétablir une justice, un combat contre l’indifférence plus cruelle souvent que la misère elle-même, c’est la main tendue de l’homme debout vers celui qui faiblit, c’est le devoir de chacun d’entre nous qui avons la chance de pouvoir le faire. C’est une manière d’être reconnaissant à la Vie.”
Chaque année, le FSJU consacre un mois plein à la Tsedaka, qu’en pensez-vous ?
“Un mois, ça peut paraître long mais c’est le temps nécessaire pour sensibiliser, pour informer et agir. Bien sûr, la collecte reste l’objectif premier car c’est ce qui permettra de mener à bien les projets entamés, d’encourager les acteurs sociaux qui font un travail exemplaire et de donner naissance à de nouveaux projets. Un mois est nécessaire pour sensibiliser le plus grand nombre aux problèmes d’exclusion, de pauvreté ou de handicaps. Mais c’est aussi le temps qu’il faut pour informer, mettre en lumière ce qui est fait à l’égard de nos aînés, à l’égard des plus faibles et dire à ce qui nous entendrons que des hommes et des femmes vont tout faire pour changer la couleur du ciel qui pour certains n’est plus bleu depuis longtemps.”
Comment expliquer que la communauté juive ait besoin de sa propre solidarité ?
“Cette solidarité s’inscrit dans un partenariat entre le FSJU et les pouvoirs publics, ne l’oublions pas ! Mais à l’exclusion, nous ne devons pas ajouter le déni d’identité. Prenons l’exemple de Shoulhan Lev qui offre des repas cachers, cela permet aux personnes de continuer à respecter leurs rites et traditions. Ce qui est pour moi fondamental. Il ne s’agit pas de communautarisme, notre action s’inscrit dans le combat universel contre l’exclusion qui touche indifféremment l’ensemble de la société mais nous voulons donner une réponse spécifique à une attente spécifique surtout quand la situation est aussi fragile et ne pas ajouter de l’humiliation à l’exclusion.”
Vous vous êtes rendu sur différents lieux, vous avez rencontré les acteurs de cette solidarité. Que retenez vous de ces visites, de ces rencontres ?
“Cette tendresse vis-à-vis des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de l’affection donnée à ces jeunes adultes autistes, de la joie chez ces travailleurs du CAT qui nous ont réservé un accueil si chaleureux… Mais aussi, ces regards tristes, parfois ailleurs, de ces personnes attablées et accablées par le triste sort d’une vie qui tourne dans le mauvais sens. Une chose est sure c’est qu’après ces visites et ces rencontres, on en sort renforcé et convaincu d’avoir fait le bon choix. Les sommes récoltées par le FSJU sont bien utilisées et les personnes qui sont au coeur de l’action sont exceptionnelles. Je veux ici les en féliciter.”
C’est une visite que vous avez fait en compagnie du Parrain de la Tsedaka qui cette année est Michel Jonasz. Qu’avez-vous partagé ensemble ?
“Des moments d’émotion, de vérité, de fraternité mais aussi de l’admiration pour ces personnes de bonne volonté qui oeuvrent au quotidien dans une totale abnégation. Je suis heureux et fier d’avoir Michel Jonasz à mes côtés car au-delà de notre amitié, nous avons fait le pari de rendre un peu plus heureux, un peu moins seuls ces femmes et ces hommes qui comptent sur nous, qui comptent sur vous.”
Dans quel état d’esprit, envisagez-vous cette campagne de la Tsedaka 2007 ?
“C’est une campagne unitaire que nous allons mener avec tous nos partenaires. Nous allons nous battre ensemble, contre l’exclusion, contre la solitude, contre l’oubli. Je pars confiant entourés de véritables militants armés de générosité et de cette inébranlable foi en ce que l’homme a de plus beau quand il sait partager et donner. Ce combat est juste, ce combat est beau. Gagnons-le ensemble.”
